Qui détient le monopole du “séparatisme” ?

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J’ai écrit cela comme une lettre ouverte à l’éditeur de l’Express d’Outremont (20 Juillet 2011).

Dans une lettre dans l‘Express d’Outremont (6 juillet 2011), Mariclaude Ouimet écrit : « Il ne faut pas oublier que les Hassidim sont des ultra-orthodoxes animés par des règles de vie strictes et par une très forte volonté de séparatisme social ». Elle continue en expliquant comment nous enseignons à nos enfants à ne pas interagir avec le reste de la société, comment nous avons construit des écoles séparées, des boucheries et poissonneries séparées cachères.

En lisant ces mots, il devient clair que les questions sous-jacentes au conflit ne sont pas ce que font les Hasssidims mais plutôt qui nous sommes. Tous les autres enjeux relèvent de ceci, de l’impression que nous sommes à part de la société, que nous sommes « les autres », qui s’acharnent à ne pas s’intégrer. Ceci justifie d’étiqueter tout ce que nous faisons comme étant illégal et si quelque chose n’est pas encore illégal, alors bon, des règlements devraient être rédigés afin de la rendre illégal. Et puis vient la meilleure partie : On va au média afin de claironner l’insouciance des Hassidim envers la loi.

Voici quelques questions pour Madame Ouimet à propos du séparatisme:

Qui plus que les Québécois comprennent l’importance de préserver une culture ?

Qui plus que les Québécois comprennent l’importance des « règles strictes » pour renforcer une « langue sainte » ?

Qui plus que les Québécois comprennent la valeur d’apprendre aux enfants qu’ils sont distincts à leur manière ?

La culture juive — qui précède la culture Québécoise par des milliers d’années — ne vaut-elle pas d’être préservée elle aussi ? Attendiez-vous de nous « intégrer » et d’abandonner notre religion ?

Nous respectons votre culture, nous ne demandons à personne de changer leur mode de vie. Pourquoi ne pas respecter notre choix de préserver notre héritage ?

C’est vrai qu’il y a des différends au sujet du stationnement, du bruit et du trafic. Mais c’est seulement quand vous nous considérerez comme des simples voisins et non des étrangers malicieux qu’il y aura place pour le dialogue et la compréhension. Alors il sera clair que la majorités de ces discussions ne sont que le résultat naturel de l’insertion d’une communauté encore jeune au sein d’une communauté plus ancienne et établie depuis plus longtemps.

Et bien entendu, nous les Hassidim devont nous améliorer à expliquer qui nous sommes vraiment.

Cheskie Weiss

Une hassidime d’Outremont



11 commentaires (5 commentaires en français, 6 commentaires en anglais)

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  1. Mylène Roy
    7 avril 2012

    Bonjour, j’ai lu vos deux lettres, et j’en apprécie le ton.
    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec tout ce qui y est écrit, mais je trouve que vous abordez les choses avec un angle nouveau, qui encourage une communication fluide et rafraîchie. Merci pour cela, continuez votre bon travail. Je me réjouie d’une telle initiative.

  2. Jean-Francois
    9 avril 2012

    Bonjour,
    Je veux d’abord vous féliciter pour cet espace de discussion public que vous avez créé. J’espère qu’il saura favoriser une meilleure compréhension de part et d’autre. Il faut quand même éviter d’identifier tous les québécois comme des séparatistes, ce qui n’est pas le cas. “La culture juive précède la culture Québécoise par des milliers d’années…” peut-on lire. Parle-t-on de culture ou de religion ici? Les Hassidim vivent autour de la religion. La culture québécoise fait une différence entre le choix religieux (qui est profondément personnel) et les valeurs culturelles. Ainsi, on peut être québécois catholique, anglican, musulman, juif, bouddhiste ou ahtée. Par contre, on ne peut pas être un juif Hassidim musulman, catholique ou athée. La culture juive est issue d’un contexte historique et géographique qui lui est propre. C’est dans ce lieu et dans ce contexte qu’elle peut évoluer ou se développer. Pour faire un parallèle, je pense que si un groupe de québécois voulait s’installer à Jérusalem, il ne pourrait pas s’attendre à pouvoir y défendre et faire grandir sa culture québécoise. Quelque part, il devrait faire un effort immense d’adaptation. Si la culture juive remonte loin dans le temps, cela ne lui donne pas de prévilège particulier ici, dans le contexte particulier du Québec. Si les Hassidim veulent vivre au Québec, il me semble essentiel qu’ils investisse leur projet de l’effort d’adaptation nécessaire.

  3. Paul-E. Paquette
    30 avril 2012

    Je suis également heureux de constater qu’on peut échanger sur nos différences et nos différends ou plutôt nos irritants mutuel. D’abord, je dois dire que ce n’est pas votre culture qui me contrarie mais plutôt la religion qui encadre votre vie et la nôtre à l’occasion. J’ai été élevé dans la religion catholique mais je l’ai rejeté à cause justement de sa domination sur la société québécoise. Je ne veux pas que la relgion que mes parents m’ont donné m’opprime et je ne veux pas aussi qu’aucune autre ne vienne m’imposer quoique ce soit. D’autre part, si la langue française est celle d’une majorité de Québécois par l’héritage de nos ancêtres, nous n’en faisons pas une religion mais une base commune à notre identité nationale. Ceci dit, il serait trop long pour vous et pour moi que j’exprime ici toute ma pensée. Je laisse à d’autres personnes la possibilité d’exprimer leurs idées et je vous remercie sincèrement de nous donner la chance de communiquer avec votre communauté.

  4. Frederic Picard
    4 mai 2012

    Les hassidiques devraient donc comprendre que les Québécois veulent former un pays. Logiquement les juifs et les québécois sont supposés partager une lutte commune pour préserver le yiddish et le français. Sauf que:

    D’Arcy-McGee, 1995 : non 96,38%

    Séparatisme a 2 vitesses? Quand c’est le temps d’outremont ou Boisbriand c’est ok. Mais quand c’est le temps du Québec c’est une autre chose?

    Encore, si le taux de participation avait été faible ça aurait pu se défendre … Mais avec 94,50% …

  5. Daniel McGown
    5 mai 2012

    ce qui est reproché à la Communauté, c’est le bruit de ses processions, et le fait qu’en grande majorité elle ne veut pas parler en français