Hugo Lavoie de Radio-Canada visite un atelier de Shtreimel à Montréal

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Le dessus des schtreimels montre bien l'assemblage des languettes de fourrure.     Photo : Radio-Canada/Sarah Champagne

Le dessus des schtreimels montre bien l'assemblage des languettes de fourrure. Photo : Radio-Canada/Sarah Champagne

Cet article a été publié sur Radio-Canada.

L’art montréalais de fabriquer des schtreimels, les chapeaux portés par les juifs hassidiques

Le pas pressé, le manteau sombre, les hassidim de Montréal sont tout sauf exubérants. Mais les hauts cylindres chatoyants qu’ils portent ne passent pas inaperçus.

Objets de fierté ou de curiosité, les schtreimels sont confectionnés avenue Van Horne, dans la métropole. Moshe Kraus explique que leur port n’est pas associé à la religion, mais à une mode, à une tradition. Il a ouvert les portes de son atelier au chroniqueur Hugo Lavoie et à l’édimestre Sarah Champagne.

Kraus Schtreimel est en fait une entreprise spécialisée dans les chapeaux haut de gamme. Elle existe depuis les années 1950 et vend principalement aux États-Unis. « Mon grand-père faisait des manteaux de fourrure, mais il y avait une demande. [...] C’est aujourd’hui un marché en croissance. Avant, seuls les rabbins en portaient, mais maintenant tout le monde veut en porter! », relate le petit-fils, qui a pris la relève.

Signe distinctif, coiffure portée pour une fête ou le sabbat, cadeau de mariage : le schtreimel est bel et bien important dans la vie des juifs hassidiques. M. Kraus assure cependant que les membres de sa communauté les portent avant tout par goût, par coquetterie. Ils ne sont donc pas directement associés à la religion, mais plutôt à une tradition qui remonterait au 18e siècle. « On nous a obligés il y a longtemps à mettre une queue sur nos chapeaux. On en a fait un accessoire de mode », raconte le chapelier.

Pas question de révéler le prix payé par ses clients pour se les procurer, mais d’autres sources indiquent qu’un schtreimel de qualité peut coûter jusqu’à 4000 $. Pas étonnant dans ce cas que les clients soient extrêmement exigeants, selon les propriétaires de l’atelier.

« Un client qui voit un seul poil dépasser ne voudra pas l’acheter », dit M. Kraus. Cela explique le soin très attentif qu’il apporte à ses couvre-chef avant la vente.

Les artisans qui travaillent chez Kraus ne sont pas non plus des juifs orthodoxes. Le plus ancien d’entre eux, Van Tue, fabrique des schtreimels depuis au moins 30 ans, sans jamais en avoir porté un, précise Moshe Kraus, en soulignant l’ironie de la situation. L’important est d’être consciencieux.

Credit: Radio-Canada / Sarah Champagne

Credit: Radio-Canada / Sarah Champagne

On voit ici M. Tue à l’oeuvre, travaillant avec minutie sur les matériaux du prochain chapeau Kraus.

Ces chapeaux ne sont pas lourds et ne tiennent pas vraiment chaud, contrairement à l’impression qu’en a le simple observateur. Leur squelette est une simple coiffe noire, ajustée à la tête du client. Treize queues de martre, un petit mammifère, sont ensuite montées sur des languettes et superposées pour donner une sensation de rondeur.



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