Plus de 200 personnes pour le premier rassemblement réunissant hassidiques et non-hassidiques

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Dimanche dernier, le 6 mai, c’était un magnifique après-midi printanier ici à Montréal, magnifique à plusieurs égards. En effet, cette journée était superbe tout particulièrement en raison de la beauté des personnes qui se sont réunies pour participer à l’événement historique qui s’est déroulé à la bibliothèque du Mile-End, où le tout premier rassemblement de citoyens d’Outremont et du Mile-End a eu lieu en toute amitié et camaraderie.

Ce rassemblement a été organisé par l’association Les Amis de la rue Hutchison (tel que mentionné dans cet article). Le but de la rencontre était, comme la fondatrice de l’association Leila Marshy l’a mentionné, de « construire des ponts entre les juifs hassidiques et les non-hassidiques, afin de constater ce que nous avons en commun, et d’avancer vers un futur où nous vivrons en harmonie ». Et je dois dire que plusieurs de mes amis hassidiques et moi-même avons eu le sentiment que l’événement auquel nous avons assisté a brillamment réussi à la réalisation de cet objectif.

Lorsque je suis entré dans la salle, elle était déjà bondée de monde, hommes, femmes et enfants de tous horizons, hassidiques et non-hassidiques, jeunes et vieux, qui bavardaient ou intervenaient. Certains appréciaient les pâtisseries fraîchement préparées par les femmes des deux communautés, une table marquée kasher et l’autre non-kasher. Les gens ont rapidement pris place et le programme a débuté.

Leila Marshy a présenté les intervenants, parmi lesquels Elka Pollak, Leila, Meir Feig et le rabbin Meir Cremisi. Un extrait poignant du livre « Lekhaim! », écrit par l’auteur hassidique locale Malka Zipora, a ensuite été lu par Elka.

Puis la séance a été ouverte aux questions et réponses. Les nombreux participants n’y sont pas allés de main morte. Le rabbin Cremisi, dont la langue maternelle est le français, a répondu à une femme qui souhaitait savoir pourquoi les autobus hassidiques doivent faire autant d’arrêts. « N’est-il pas possible que les enfants d’une rue se rassemblent en un seul endroit? » demanda-t-elle, « et pourquoi les juifs hassidiques élèvent-ils les barrières de leurs balcons aussi haut? » Il répondit à la première question que le faire reste dans les limites de la loi québécoise et que cela permet aux enfants de moins de six ans d’être ramassés à partir de leurs maisons, alors que les enfants plus âgés se rassemblent aux coins des rues. Quant aux hautes barrières, elles protègent les jeunes enfants qui s’aventurent sur les balcons.

Mais il n’y a pas eu que des défis. Une femme âgée, résidente d’Outremont depuis des décennies, a félicité la communauté hassidique. « Je respecte mes voisins hassidiques » a-t-elle dit, « durant toutes ces années, je n’ai jamais eu de problèmes avec eux ». Une autre femme a ensuite raconté comment son amie originaire de Paris a décidé de faire d’Outremont son foyer en raison de son atmosphère familiale et parce qu’elle sent que c’est le quartier le plus sécuritaire pour élever sa famille

Ensuite il y a eu ceux qui se sont plaints que les hassidiques ne parlent pas français, alors que c’est la langue nationale après tout. Le rabbin Cremisi a expliqué que cette question n’a rien à voir avec la religion ou l’idéologie. Il a relevé le fait que presque toutes les femmes et filles hassidiques parlent français. C’est simplement une question de démographie : la plupart des hommes sont originaires de tous les coins du monde et n’ont pas encore eu l’occasion d’apprendre le français (j’espère bientôt consacrer un article spécialement sur ce sujet important).

Meir Feig et Elka Pollack ont tous les deux répondu à une question à savoir pourquoi certains juifs hassidiques ne saluent pas leurs voisins. Après avoir proposé quelques explications possibles, ils ont admis que notre communauté peut nettement s’améliorer dans ce domaine.

Un des moments-clés de l’activité a été lorsque Pierre Lacerte est entré et a pris le micro pour « poser » ses questions. Ces « questions », comme il fallait s’y attendre, étaient plutôt sa diatribe habituelle contre la communauté hassidique. Et comme d’habitude, c’était rempli de demi-vérités, de mensonges extrémistes et même de déclarations haineuses comme : « 70% des hassidiques ne travaillent pas pour vivre », a-t-il déclamé. Ensuite il a commencé à se plaindre des bus illégaux, des synagogues, des écoles, des problèmes de stationnement, etc., mais tout particulièrement de la manière dont les hassidiques « refusent » obstinément de parler ou apprendre le français.

Après qu’il eût terminé, une jeune fille hassidique de 18 ans se leva pour réfuter ses propos en parlant couramment français, et poursuivit en expliquant comment ses amis hassidiques et elle ont étudié le français chaque jour à l’école hassidique, dès la maternelle.

Un professeur de mathématiques catholique irlandais a ensuite relevé pour l’auditoire, au cas où certaines personnes l’auraient manqué, que M. Lacerte venait de révéler son vrai visage. Il a ensuite passé en revue de façon sarcastique toutes les accusations portées contre les hassidiques, accusations détaillées dans les pétitions farfelues qui se rendent malencontreusement jusqu’à sa porte. Il a noté que les peurs irrationnelles de M. Lacerte pourraient fort bien être la cause sous-jacente de sa campagne haineuse contre la communauté hassidique.

L’événement a été clôturé par Kathryn Harvey, une des fondatrices de l’association « Les Amis de la rue Hutchison ». Elle a rappelé à l’audience qu’il y a encore beaucoup à faire pour amener la compréhension mutuelle et le respect dans notre beau quartier.

Au nom de beaucoup de mes amis hassidiques, je tiens à exprimer notre profonde gratitude à Leila Marshy et Kathryn Harvey, ainsi qu’à tous ceux qui ont sans relâche et de façon désintéressée consacré tant de temps et d’efforts pour rendre possible cet événement incroyable. Puisse Dieu vous accorder le bonheur, la santé et le succès dans toutes vos entreprises.



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