Oui Madame la mairesse, nous savons ce qu’être « un bon citoyen » signifie

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Durant les célébrations de la fête de Pourim, des juifs hassidiques se mobilisent pour aider un étranger dont la voiture est en panne au milieu de l’intersection St-Viateur/Hutchison. Crédit photo: Pascal Dumont pascaldumont.ca

Durant les célébrations de la fête de Pourim, des juifs hassidiques se mobilisent pour aider un étranger dont la voiture est en panne au milieu de l’intersection St-Viateur/Hutchison. Crédit photo: Pascal Dumont pascaldumont.ca

Lettre ouverte à la mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars

Chère Madame la mairesse Cinq-Mars,

Lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement du 4 mars 2013, vous avez suggéré que nous réfléchissions à ce que signifie être « un bon citoyen », en espérant que cela permettrait de réduire les tensions qui existent dans Outremont entre la communauté hassidique et ses voisins.

Alors que vous n’avez pas révélé ce que vous considérez être un « bon citoyen », il était assez évident que la communauté juive d’Outremont pouvait ne pas être ces « bons citoyens » que vous envisagez. Si la question était destinée à tout le monde (comme vous le prétendez dans votre commentaire à cet article), vous auriez adressé cette rengaine à chacun des intervenants, et non pas uniquement aux juifs hassidiques et à leurs partisans.

Parce qu’il appert que vous puissiez ne pas être consciente de la façon dont nous participons à la communauté en général, je voudrais vous relater deux incidents qui ont récemment eu lieu ici à Outremont. Même s’ils sont apparemment mineurs et communs, je pense qu’ils en disent long et révèlent la nature véritable de notre communauté – vos électeurs juifs hassidiques – qui se compose de personnes toujours prêtes à remuer ciel et terre afin d’aider leurs voisins en détresse.

Incident 1: Aider une personne âgée perdue

Il y a quelques semaines, un samedi matin, ma femme descendait la rue Champagneur près de Bernard, quand elle a vu une vieille dame frêle qui avait l’air désorienté et semblait perdue. Inquiète, ma femme lui a demandé si tout allait bien, mais elle a répondu « je suis perdue ». Elle avait une étiquette d’identification du Manoir Outremont, mais elle a dit ne pas être capable de retrouver la porte pour rentrer à l’intérieur.

Ma femme a couru à la porte principale du Manoir pour appeler quelqu’un à l’aide, mais il y avait une note disant qu’elle était hors d’usage et qu’il fallait plutôt utiliser la sortie de secours. À ce moment la dame, qui n’avait pas de manteau, commençait à trembler, et ne paraissait plus pouvoir tenir sur ses pieds. Ma femme l’a calmée et l’a aidée à s’asseoir sur les marches.

Puis ma femme a rapidement grimpé quatre étages par les escaliers de secours, et a frappé à la porte du Manoir, sans succès. Elle est ensuite redescendue au premier étage et a frappé à la porte du bureau de Remax où une Québécoise a écouté toute l’histoire, mais a ensuite refusé de l’aider en répondant que ce n’était pas son problème, avant de refermer la porte. À ce moment-là, ma femme était désespérée, elle n’avait pas de téléphone cellulaire pour appeler le 911 et elle ne pouvait pas laisser la dame seule. Un homme hassidique qui passait par là a vu ce qui se passait et a dit à ma femme de rester avec la dame alors qu’il allait chercher de l’aide. Il a finalement trouvé quelqu’un pour appeler le Manoir dont le personnel est alors rapidement descendu pour venir chercher la dame.

Incident 2: Arrêt des célébrations pour aider le propriétaire d’un véhicule en panne

Durant les célébrations de la fête de Pourim, des juifs hassidiques se mobilisent pour aider un étranger dont la voiture est en panne au milieu de l’intersection St-Viateur/Hutchison. Crédit photo: Pascal Dumont pascaldumont.ca

Durant les célébrations de la fête de Pourim, des juifs hassidiques se mobilisent pour aider un étranger dont la voiture est en panne au milieu de l’intersection St-Viateur/Hutchison. Crédit photo: Pascal Dumont pascaldumont.ca

L’Express d’Outremont a publié le 13 mars 2013 cette photo montrant des juifs hassidiques poussant une voiture lors de la récente fête de Pourim, mais il a omis d’expliquer le contexte de ce qui se passait.

Il peut être surprenant de savoir que le propriétaire de la voiture qui a été poussée n’est pas un membre de la communauté juive. Sa voiture a calé au milieu de l’intersection Hutchison et St-Viateur et ce durant la période très achalandée des célébrations de Pourim. Bien que la communauté hassidique ait été très occupée à distribuer de la nourriture et à rendre visite aux amis et à la famille, un groupe d’hommes s’est arrêté pour pousser le véhicule hors de l’intersection. Pendant ce temps quelques Québécois ont passé et fait certaines remarques sarcastiques, il en est même un qui a pris des photos, supposant que la voiture appartenait à une personne hassidique et bloquait la rue « comme d’habitude ».

Mme la mairesse, c’est par des interactions comme celles-ci que nous considérons être de « bons citoyens ».

Bien entendu il y a des problèmes de voisinage qui surviennent lorsque vous avez deux communautés et cultures différentes vivant côte à côte. Mais ces problèmes ne peuvent pas être résolus en créant des règlements antidémocratiques et des restrictions de zonage qui étouffent une communauté, ce que le conseil d’arrondissement d’Outremont a malheureusement fait au cours de la dernière décennie. Ils ne peuvent être résolus de façon appropriée que par un respect mutuel et un dialogue ouvert.

Cordialement,
Un fier résident d’Outremont,

Cheskie Weiss



2 commentaires (1 commentaires en français, 1 commentaires en anglais)

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  1. Geneviève
    25 avril 2013

    Je me promenais sur la rue lorsque l’incident no. 2 est arrivé. Ils étaient tellement heureux de donner un coup de main que ça m’a fait sourire. L’ambiance était festive! Je suis contente que quelqu’un ai pris une photo!

    Aussi, je tiens à souligner qu’à deux reprises au cours des dernières années, un membre de la communauté hassidique a poussé ma voiture prise dans la neige sur la rue Hutchison où j’habite et ce, sans que je ne demande rien à personne.